Comité de liaison (CLAN-R)

Libération de Hyeres le 21 Août 2012

mercredi 29 août 2012

Monsieur Jacques Politi, maire de la ville d’Hyères, commémorant la libération de sa ville, retrace dans son allocution, les circonstances de ces journées de combats, qui ont vu les commandos de l’Armée d’Afrique se distinguer

68ème ANNIVERSAIRE DE LA LIBÉRATION D’HYÈRES- LES-PALMIERS

Mes Chers Amis,

Nous nous sommes réunis ce matin du 21 août 2011 pour célébrer le
67ème Anniversaire de la Libération de la Ville d’Hyères.

Nous sommes ici rassemblés pour commémorer la mémoire de toutes
celles et de tous ceux qui ont donné leur vie au nom de la liberté de
la France, et rappeler le sacrifice à la patrie de ces femmes et de ces
hommes à la fleur de l’âge, dont la plupart n’avaient même pas 20
ans.

Ils ont marqué à jamais l’histoire de notre Ville et de la France.

Le 15 août 1944, deux mille navires de la 8ème flotte Américaine
d’invasion aux ordres du Vice-amiral d’escadre Kent Hewitt
débarquaient sur nos côtes, ainsi que l’avant-garde des 250.000
soldats de la 1ère Armée Française commandée par le Général de
Lattre de Tassigny, et celle de soixante-cinq mille soldats
Américains, Anglais et Canadiens.

Après deux jours de combats intensifs, les commandos Canadiens et
Américains anéantissent les redoutables garnisons de la
Kriegsmarine du Levant et de Port-Cros.

À la sortie de la Londe, cinq chars de la 3ème Division Américaine
stoppés par les tirs des canons de 152 mm de la Kriegsmarine de
Saint-Nicolas Mauvanne, demandent l’intervention des Commandos
d’Afrique.

Le Capitaine Ducournau entraîne ses hommes à travers les vignes,
examine la situation, et découvre les batteries qui barrent la route
d’Hyères et couvrent la rade de la puissance de son artillerie.

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Libération de Hyeres

Dans un élan irrésistible, soixante commandos donnent l’assaut aux
cinq batteries. Trente d’entre eux seront tués et blessés, un pilote
d’avion Canadien « Pépino » caché par des habitants des Borrels, et
un Résistant Hyérois, Gilbert Lepage, qui se sont joints aux
commandos, y laisseront leur vie. Les pertes ennemies sont de
cinquante tués et cent prisonniers.

La route de Hyères est ouverte aux Divisions Américaines du général
Alexander Patch commandant les forces terrestres du débarquement,
et notamment la 3ème Division du Général O’DANIEL, à la 1ère
Division Française Libre du Général Diégo Brosset, et au 8ème
Régiment des Chasseurs d’Afrique de la 9ème Division d’Infanterie
Coloniale.

La 1ère Division Française Libre va se heurter à la position clé du
Golf Hôtel, fortifiée intérieurement et souterrainement en un
puissant verrou défensif.

Plusieurs jours de combats meurtriers sont nécessaires pour venir à
bout des forces allemandes, qui pour desserrer l’étau français se
lance dans six contre-attaques meurtrières.

Pendant ce temps, Gleb SIVIRINE, dit « Maquis Vallier »,
commandant le Maquis hyérois, et stationnant dans le massif
préalpin du Verdon, reçoit l’ordre de son chef de réseau, Louis
Picoche, de descendre sur Hyères avec ses cinquante-deux
maquisards. Ces hommes vont se faufiler au travers des drailles
collinaires pendant quatre jours, parcourir 110 km, avec chacun 40
kilos sur le dos.

Le 18 août, des soldats arméniens qui se sont ralliés à la résistance
exécutent quatre officiers allemands. Par représailles, une unité
allemande fouille toutes les maisons du quartier de la gare et de
l’avenue Gambetta, arrête sans ménagement tous les hommes,
jeunes, adultes, vieillards.

Au total, ce sont 112 otages hyérois que l’on conduit vers le peloton
d’exécution.


Les combats continuent à Costebelle, au Mont-des-Oiseaux, à
Carqueiranne, à San Salvadour, aux batteries de Belle-Vue, du
Canebas, de la Colle Noire où les FFI hyérois regroupés avec ceux de
la brigade des Maures et une centaine de soldats Arméniens ralliés,
font plus de deux cent cinquante prisonniers.

Le nombre de tués pour la Libération de la Ville est d’une centaine
de victimes civiles, une vingtaine de Résistants, et trois cents soldats
de la 1ère DFL.

Les Allemands compteront huit cents tués et prisonniers.
Hyères est enfin libérée de l’occupant, de la répression féroce, de
l’horreur, retrouve la liberté dans la liesse.

Au cœur de cette guerre, notre commune connue d’illustres
Résistants, dont le rôle dans la Libération de notre ville n’est pas
des moindres.

Je pense ici à Louis Picoche, Chef de la Résistance à Hyères, au Chef
d’Escadron Tisserand, Chef de l’Armée secrète, je pense à Gleb
Sivirine , je pense à Jean Devos, je pense à Léopold Ritondale, et à
toutes celles et ceux qui ont collectés des renseignements, menés des
actions de démoralisation et de retournement des troupes
arméniennes contre les officiers et sous-officiers de la Wehrmatch.

À la mémoire de tous ces guerriers de l’ombre, notre ville recevra la
Croix de Guerre.

Ces femmes et ces hommes, connus ou anonymes, que rien ne
destinait à cela, se sont battus pour que les idées de Liberté, de
Droits de l’Homme, puissent à nouveau triompher. Ils ne
recherchaient pas la gloire, ils avaient simplement la passion de leur
pays, de leur région, de leur ville.

La vie politique, quant à elle, était en plein bouleversement. Le
nouveau Conseil Municipal conduit par Edouard Cordier, prenait
place. Ce symbole du retour à la démocratie montrait également l’ère
nouvelle qui arrivait enfin.


Hyères libérée, la joie renaissait sur les visages.

L’émotion était présente dans les coeurs et les esprits.

Les jours avaient été si longs, les angoisses si profondes, qu’il fallut
un certain temps à la population pour qu’elle réalise vraiment que la
ville était libérée.

Évènement local certes, mais qui adossé aux autres, constitua ce
grand élan de libération qui aboutira le 8 mai 1945 à la reddition
sans condition de l’Allemagne.

Aujourd’hui, je suis convaincu, qu’il est essentiel, je dirai même
fondamental de commémorer ce que l’on peut considérer comme un
élément inaliénable de la mémoire collective. Nous avons l’obligation
morale de célébrer cette reconnaissance due à ceux qui ont donné
leur vie pour que vivent les valeurs de la République.

Cette reconnaissance, nous la devons à nos aînés, afin que les
générations n’oublient pas ce drame de l’histoire. Car si elles ont la
chance de ne pas l’avoir vécu, elles ont le devoir de tout faire pour
que cela ne se reproduise pas.

Notre ville, dont nous sommes si fiers aujourd’hui, est le reflet de ces
femmes et ces hommes qui se sont battus pour la libérer.

Ouverte à la jeunesse, mais aussi au monde, soucieuse de sa qualité
de vie, entre mer et nature, parfois rebelle, elle est à l’image de son
histoire et de ceux qui l’ont faite.

Alors, cette journée, ponctuée par nos dépôts de gerbe à chacune des
étapes, symboles du souvenir, n’est pas un jour ordinaire, mais bien
au contraire, un moment solennel de mémoire, de reconnaissance et
de respect.

Vive la République,
Vive la France,
Vive Hyères !

Voir aussi http://www.clan-r.org/portail/Gener...

Ainsi que http://www.clan-r.org/portail/La-pr...


Portfolio

Ancien de la 1ère Armée et M. le Maire Commando d'Afrique Dépot de gerbe Détachement M. Politi devant le monument Yves Boyer
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