Comité de liaison (CLAN-R)

La Fondation répondra-t-elle aux attentes ?

samedi 16 octobre 2010

La Fondation pour la Mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie devrait être installée dans les tout prochains jours, aux Invalides. Voulue par la loi du 23 février 2010, elle aura attendu près de six ans pour voir le jour. A plusieurs reprises, le Gouvernement a affirmé que les Rapatriés auraient, au sein de ses instances, toute leur place. Nous voulons le croire. Car il ne serait pas pensable qu’une telle institution se prive de la mémoire de ceux qui ont vécu les événements comme acteurs ou « grands témoins », en tant que civils ou en tant que militaires.

La Fondation aura à accomplir une lourde tâche, celle de contribuer à pacifier les esprits et les cœurs en permettant aux mémoires de « s’exprimer ». Ce faisant, elle contribuera à « écrire » l’Histoire. L’histoire de la Guerre et des combats mais aussi, inévitablement, celle des territoires et des hommes qui les ont peuplés. Il ne serait, en effet, pas possible d’ imaginer isoler la Mémoire de cette période 1952-1962, de l’ensemble des événements qui l’ ont précédée.

Elle le fera dans un souci absolu de sérieux et d’équilibre, sans sectarisme et sans tabous ; ce sera le gage de sa crédibilité. Elle abordera tout ; ce qui supposera, bien sûr, que les membres de son conseil scientifique aient un accès libre aux sources, aux archives.

Dans le cadre de groupes d’étude, de tables rondes, de colloques, la Fondation donnera la parole tant à des Français qu’à des étrangers. Il faut que, sans crainte, elle favorise les débats. Ceci est essentiel.

La Fondation, enfin, devra faire connaître ses travaux au grand public, par le biais de conférences données par ceux qui la constitueront ou par les expositions qu’elle organisera. Elle pourra le faire aussi par des films documentaires préparés à partir d’archives. Elle le fera, enfin, par des publications, mais aussi par le moyen de son site internet ou par les DVD qu’elle produira. Dans un souci de parfaite honnêteté, elle utilisera ces mêmes supports pour diffuser les témoignages qu’elle aura recueillis. Évidemment, il serait souhaitable aussi que, parfois, la Fondation, par la télévision, pût porter à la connaissance d’un public plus large encore le résultat de ses recherches.

La Fondation en laquelle nous voulons mettre des espoirs, sera donc installée discrètement, très discrètement. Il n’y aura eu ni consultation des Rapatriés, ni concertation préalable avec eux, ceci bien que les victimes des événements qui vont faire l’objet des travaux de la nouvelle institution aient une longue mémoire et bien souvent l’aptitude à faire des suggestions qui pourraient être utiles. Ceci ne constitue assurément pas un bon présage.

D.F.

Le 14 octobre 2010


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