Comité de liaison (CLAN-R)

"J’accuse De Gaulle" par Manuel Gomez -(extrait : De Gaulle et Londres)

jeudi 18 juin 2015

L’AURORE.overblog.fr---Manuel Gomez

Le 16 juin, de retour de Londres, De Gaulle rejoint Bordeaux, nouveau siège de repli du Gouvernement Français. Paul Reynaud vient de démissionner et Philippe Pétain est appelé pour le remplacer.

Le général « à titre temporaire » (1) espère beaucoup de la constitution de la nouvelle équipe gouvernementale, pour le moins qu’il soit reconduit à son poste de sous-secrétaire d’Etat mais pourquoi pas un ministère plus important compte tenu de ce qu’il croit être ses bonnes relations avec le Pétain.

Ce même soir ils se croisent et le maréchal lui serre la main sans lui adresser la parole. De Gaulle comprend ainsi qu’il ne sera pas le prochain ministre de la guerre qu’il souhaitait tant devenir ! Pétain n’a qu’une confiance mitigée et peu d’estime pour ses qualités stratégiques. D’ailleurs Daladier y est opposé fermement (Si de Gaulle entre, je sors) et c’est Beaudouin qui est nommé au poste qu’il espérait, celui de sous-secrétaire d’état à la guerre.

Le général « à titre temporaire » écrit à Paul Reynaud une lettre dans laquelle il lui exprime son désarroi de ne pas être retenu dans le prochain gouvernement. Il lui demande un poste, il souhaite avoir « quelque chose », que l’on fasse au moins de lui le chef du corps cuirassé.

Il n’est pas entendu. Infiniment déçu, et après maintes hésitations, De Gaulle, accompagné par son aide de camp Geoffroy Chodron de Courcel, repart le soir même vers la capitale britannique sur le « De Havilland Flamingo ».

Dans l’avion qui le ramène vers Londres il est accompagné par le général Edward Louis Spears, envoyé spécial de Winston Churchill, qui souhaitait surtout les venues de Paul Reynaud et Georges Mandel, mais Spears n’a pas réussi à les convaincre.

De Gaulle qui n’était pas attendu déclare à Spears : « C’est bon, ils ne veulent pas de moi ! Dans ces conditions je fous le camp à Londres ».

Il s’agit là d’un point très important car si De Gaulle s’était vu confier un poste ministériel, ou même sa reconduction comme sous-secrétaire d’État, il serait resté à Bordeaux et aurait fait partie du premier gouvernement Pétain.

Quelle aurait été sa véritable conduite dans la suite des évènements ? Cela nous ne le saurons jamais.

Bien des années plus tard, en 1967, il se confiera à Roger Stéphane : « Et pourquoi ne pas l’avouer, il y avait l’ambition, j’étais un ambitieux politique et il y a eu la rencontre de la circonstance et de l’ambition. »

Le gouvernement français lui ordonne de rentrer en France, « sous peine d’être jugé comme déserteur ».

De Gaulle écrit au général Weygand, chef des Armées, le 20 juin 1940 : « Mon général, j’ai reçu votre ordre de rentrer en France. Je me suis donc tout de suite enquis du moyen de le faire car je n’ai, bien entendu, aucune résolution que de servir en combattant » (Mémoires de guerre – 1954).

Il est important de signaler que le 16 juin l’armistice n’est pas encore signé, que donc la France est toujours en guerre et que la fuite de De Gaulle est une « désertion face à l’ennemi en temps de guerre », acte pour lequel des dizaines de soldats ont été fusillés.

Depuis 1958 cette lettre est supprimée, occultée, par tous les historiens officiels du gaullisme qui nous livrent donc une histoire de France revue et corrigée.

Si de Gaulle avait pu se procurer un moyen de transport, que les autorités britanniques lui ont refusé, il serait revenu à Bordeaux.

Et c’en était fini de Londres et de son faux « appel du 18 juin » dont nous reparlerons demain.

(1)- Le 1er juin 1940 De Gaulle est nommé général de Brigade à titre temporaire. Il m’a été impossible, de me procurer le décret qui a nommé De Gaulle dans ses droits de général de brigade à titre définitif : À quelle date et par qui a-t-il été signé ? C’est le mystère total. Le ministère des Armées étant dans l’incapacité de fournir ce renseignement pourtant capital que j’ai réclamé il y a quelques années. Et comme par hasard le dossier militaire de De Gaulle a disparu au Ministère de la Guerre à la libération de Paris, en 1944.

("J’accuse De Gaulle" par Manuel Gomez - Editions MAGO 2013)


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