Comité de liaison (CLAN-R)

Discours de Nicolas Sarkozy à Rivesaltes

mercredi 18 avril 2012

Pourtant le 12 mai 1962, le Commissaire de la République en Algérie reçoit une directive terrible du gouvernement français qui, non content de condamner le rapatriement clandestin de ces « supplétifs » lui demande de prendre des sanctions contre les officiers qui les organisent. La note précise même que les Harkis débarqués en France devront être renvoyés en Algérie !

Cette note, qui sera d’ailleurs rendue publique quelques semaines plus tard, marque malheureusement sans aucune contestation possible la responsabilité du gouvernement français dans l’abandon d’une partie des Harkis.

L’Algérie était devenue indépendante au terme d’une guerre qui avait duré plus de huit ans. C’était le choix de l’Histoire, ce n’était pas le choix des Harkis. La France se devait de les protéger de l’Histoire.

Elle ne l’a pas fait.

Elle porte désormais cette responsabilité devant l’Histoire.

C’est cette responsabilité que je suis venu reconnaître, ici à Perpignan, au nom de la République Française.

Une responsabilité historique qui, à quelques jours du cinquantenaire de la directive du 12 mai 1962, devait être enfin officiellement reconnue.

La France doit, comme elle l’a toujours fait, regarder son Histoire en face et assumer les erreurs qu’elle a pu commettre.

En l’occurrence rien ne peut expliquer, ni encore moins excuser l’abandon de ceux qui avaient fait le choix de notre pays.

A partir du 5 juillet et de la déclaration d’indépendance, le sort des Harkis, qui ne pourront pas regagner la France, ne fait plus aucun doute.

Partout en Algérie une violence aveugle se déchaîne.

Désormais le temps presse et quelques jours plus tard, vous parvenez à obtenir quatre-vingts places à bord d’un bateau qui devait quitter Oran, ce seront les dernières. Prudent et conscient du danger vous obtenez une escorte blindée pour accompagner votre convoi. Cette prudence vous sauvera la vie car vous tombez sur des hommes en armes qui menacent de tirer si vous ne leur livrez pas vos hommes.

C’est à la mitrailleuse lourde que vous vous frayez un passage.

Vos Harkis sont sauvés, mais à Oran, pas de bateau. Il est bloqué à Marseille par une grève de dockers ! Oui, c’est à une grève de dockers qu’était suspendu le sort d’hommes et de femmes !

Sur le port, personne ne veut de votre troupe et c’est à la solidarité des commandos de marine que vous devrez de pouvoir héberger, dans la citadelle de Mers El Kebir, les familles qui vous accompagnent.

Enfin, vous embarquez et c’est seulement une fois à bord que vous découvrez que vos Harkis avaient caché parmi eux plusieurs Pieds-Noirs d’Oran, totalement perdus qui n’avaient ni billets, ni papiers.

Oui, ces familles qui abandonnaient définitivement leur pays pour une France qu’elles ne connaissaient pas, ces familles qui laissaient leurs ancêtres et leurs traditions derrière elles, ces familles qui perdaient tout avaient encore assez de générosité pour accueillir au milieu d’elles, des familles de Français d’Algérie qui étaient encore plus démunies qu’elles.

C’est un 14 juillet - peut-on trouver une date plus symbolique ? - que vous débarquez avec vos hommes à Marseille.


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