Comité de liaison (CLAN-R)

Discours de Nicolas Sarkozy à Rivesaltes

mercredi 18 avril 2012

Cet engagement, vous allez le tenir envers et contre tout, quitte à braver pour cela les ordres de votre hiérarchie et les consignes du gouvernement de votre pays.

Vous aimez à rappeler qu’il était de tradition chez les amiraux de Castille de choisir la mort plutôt que d’abandonner un seul de leurs hommes. Une tradition que vous avez fait vôtre.

En effet, vous préférez risquer la dégradation militaire plutôt que le déshonneur.

L’enfant de l’exode, le jeune cavalier de Saumur, le soldat français ne veut pas d’une France qui manque à sa parole, quitte à se substituer à elle pour lui éviter la honte.

Démoralisés les Harkis ne déserteront pas. Ils resteront fidèles jusqu’au bout au drapeau qu’ils avaient choisi de servir.

Au début, l’armée se veut rassurante, il faut que le référendum sur l’autodétermination se déroule dans le calme, le ministre des Armées promet que les Français d’Algérie comme les musulmans ayant servi la France disposeront d’une période de trois ans pour choisir entre la France et l’Algérie. On sait ce qu’il est advenu aujourd’hui de cette période probatoire.

Combien de Français d’Algérie se sont accrochés jusqu’au dernier moment à cet espoir d’une cohabitation heureuse des deux communautés de l’ancienne Algérie française au sein d’une Algérie indépendante ?

La réalité fut beaucoup plus cynique. Vous le savez bien cher Jean-Marc PUJOL, vous qui êtes né là-bas et qui avez dû quitter votre Algérie natale à l’âge de neuf ans.

Très vite, en effet, on va demander aux officiers de désarmer leurs Harkis. C’est un message terrible car tous savent que, sans arme et une fois les Français partis, ils seront à la merci de ceux qu’ils ont affrontés pendant près de huit ans.

Après la signature des accords d’Evian, le gouvernement français propose de recenser les personnes qu’il faudra rapatrier et de les regrouper en Algérie dans des camps protégés par l’armée française. Mais l’administration reste extrêmement évasive quant aux conditions de rapatriement de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants, de ces familles.

Une commission interministérielle, la commission MASSENET, est même constituée en vue de réfléchir à cette question. Ses conclusions sont favorables à des transferts massifs de ce que l’on appelle encore les « supplétifs » vers la France, mais elles seront rejetées par le gouvernement.

Partout où l’armée française se retire, des exactions ont lieu. L’inquiétude laisse désormais, partout, la place à la peur.

Devant le silence de l’administration et le danger qui partout menace leurs hommes, des officiers courageux vont prendre en charge, eux-mêmes, la protection et le transfert vers la France de leurs Harkis.

De ces officiers Maurice ALLAIS dira qu’ils méritaient d’être appelés des « hommes d’honneur ».

Vous-même, mon général, vous allez parvenir à faire embarquer une première fois vos hommes pour la France, mais vous refusez de quitter l’Algérie tant que tous ceux qui ont servi sous vos ordres n’ont pas été mis à l’abri.


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