Comité de liaison (CLAN-R)

Au pied de la Tour-Andrée Montéro

lundi 22 février 2010

Françoise s’est installée à Paris, chez Charles qui demeure non loin de la Tour Eiffel. Elle a agi ainsi pour s’assurer qu’il ne dévoilera pas certains faits. mais que sait-il vraiment de l’accident mortel de Luc, son époux ?

Craignant qu’il ne révèle ce qu’il laisse supposer, elle subit près de cet homme de trente ans son aîné humiliation et mépris. Lorsqu’elle rencontrera Tonio, un ami d’enfance, elle essaiera de croire qu’il pourra l’aider à conjurer sa peur, ses doutes.

Tout un quartier de Suffren sert d’arrière-fond au récit et la fameuse Tour prend des allures de personnage autour duquel s’articule la narration. De ce fait, la géographie de la ville introduit son magnétisme dans une histoire qui dit, à sa manière, le mal d’être.



Comme elles sont douées, les femmes, pour la souffrance, pour se donner mille et une raisons, bonnes ou mauvaises, pour passer d’un esclavage à l’autre, psychologique ou physique…

Françoise, le personnage scruté par la plume légère et incisive d’Andrée Montéro parlera au cœur de bien des femmes tandis qu’au pied de cette Tour, symbole d’un Paris désiré et craint, d’une France fantasmée, elle enroule ses rêves, ses doutes, ses espoirs et ses craintes, comme une glycine fragile et opiniâtre. Comment exprimer l’indicible ? Comment habiller de mots ce que l’on n’ose même pas se dire, à soi même ?

Refuge dans les souvenirs d’un autrefois qui danse, dans les paysages d’enfance. La nostalgie des vignes, ici Languedociennes, n’est pas loin de celle des vignes de Rio-Salado et je peux m’empêcher d’y retrouver ce charme libératoire de notre nostalgérie. On me pardonnera d’évoquer ce premier livre d’Andrée Montéro qui, avec " L’escalier de Béni-Saf " d’Henriette Georges me semble avoir ouvert le chemin du souvenir à bien des auteurs Français d’Algérie.

La petite fille pleine de rêves de Rio-Salado est devenue, au fil du temps une romancière au talent affirmé. Andrée sculpte, dans chacun de ses romans la matière délicate des caractères féminins (et masculins) en butte aux difficultés des couples, à l’impossible solitude. Elle exprime à la fois la tendresse que lui inspirent ses personnages et la nécessité de découvrir leurs failles. De livre en livre, Le Cri retenu, Les Persiennes, Les Vignes Rouges, tous les autres, l’œuvre d’Andrée Montéro témoigne d’une profondeur, une lucidité qui sont la marque même d’un écrivain de classe.

Geneviève de Ternant
4 Septembre 2009


Au pied de la Tour
D’Andrée Montéro
Editions L’Harmattan, 5-7 rue de l’Ecole Polytechnique 75005 Paris
13 €

Andrée Montéro vit entre Paris et le Gard. Elle a publié douze ouvrages dont huit romans. Elle est l’auteur de Rio-Salado (Prix de l’Afrique Méditerranéenne-1981), Les vignes rouges (Prix du roman de l’Académie du Languedoc-1994), Le refus (Prix Crevaux décerné par la Société de Géographie Humaine de Paris-1998)


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