Comité de liaison (CLAN-R)

Proposition de loi N° 2902

lundi 25 octobre 2010

Pour éviter que la flotte française tombe entre les mains des Allemands, les Britanniques lancent, le 3 juillet 1940, un ultimatum à l’amiral commandant l’escadre de Mers el-Kébir, le sommant de se rallier aux forces britanniques ou de saborder la flotte. Pressés d’en finir, et les négociations ayant échoué, les Britanniques ouvrent le feu.

Le cuirassé Provence et le croiseur Dunkerque sont touchés. La partie arrière du contre-torpilleur Mogador fut détruite. Le cuirassé d’escadre Bretagne, victime des tirs britanniques, explose et coule avec la quasi totalité des 1000 hommes composant son équipage.

Au total, le nombre de marins morts lors de ces évènements s’élèvera à près de 1 300.

C’est dans le cimetière qui surplombe la baie et le port de Mers el-Kébir que furent enterrées les victimes de l’attaque anglaise.

Aux quelques centaines de corps inhumés à cet endroit, sont venus s’ajouter les restes des victimes que l’on a retrouvés lors du relevage de l’épave du Bretagne en 1954 et rassemblés dans un ossuaire.

L’ensemble a été complété par un monument sur lequel figuraient les noms des disparus.

Depuis l’indépendance de l’Algérie, ce carré militaire était entretenu par l’armée algérienne et les familles des victimes ont pu venir se recueillir sur les tombes jusqu’au début des années 90.

À partir de cette date, au moment des troubles qui ont ensanglanté l’Algérie, la situation s’est dégradée et le cimetière militaire a été laissé à l’abandon.

Plusieurs visiteurs avaient déjà fait part des dégradations constatées vers la fin des années 90. Mais en 2005, le cimetière a été littéralement vandalisé et profané.

Les croix chrétiennes ont été martelées et brisées, les plaques de cuivre portant les noms arrachées.

L’ossuaire où reposent principalement les marins du cuirassé Bretagne était à ciel ouvert, les restes piétinés et couverts de gravats.

Une mission, diligentée par le ministère des anciens combattants, à laquelle participaient des responsables de la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA), s’est rendue sur place au mois de juillet 2005.

Des travaux de restauration et de sécurisation du cimetière de Mers el-Kébir, commencés en septembre 2006, ont été achevés en 2007.

Le mur d’enceinte a été surélevé, une maison a été construite pour un gardien, rémunéré sur le budget du ministère, qui assure la surveillance du cimetière depuis le 1er janvier 2007.

L’ossuaire a été réhabilité, les tombes endommagées ont été reconstruites et sont matérialisées non pas par des croix mais par des plots individuels en béton fixés au sol et portant une plaque d’identité marquée d’un symbole confessionnel.

En dépit de la remise en état du cimetière, plusieurs arguments militent aujourd’hui en faveur du rapatriement des restes de nos marins dans leur pays natal.

En effet, rien ne peut raisonnablement garantir à moyen et long terme la dignité des sépultures de nos marins.

De plus, les positions récentes de parlementaires algériens, qui souhaitent adopter une loi signée par 125 députés de différents partis, dont l’objectif est de criminaliser le colonialisme français (1830-1962), risquent de relancer les tensions contre les signes de la présence française en Algérie.


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