Comité de liaison (CLAN-R)

Le 5 Décembre 2009. Allocution de M. Hubert Falco

vendredi 11 décembre 2009

Hommage aux "morts pour la France" pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie

Intervention de M. Hubert Falco, Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants
Samedi 5 décembre 2009

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas, et les secrétaires d’Etat aux Anciens combattants non plus ...

On ne peut que s ’en réjouir en ce 5 décembre 2009 .

En effet contrairement à la cérémonie du 5 décembre 2008, cette année le secrétaire d’Etat a rendu un hommage vibrant non seulement aux 25 000 Soldats morts pendant ces conflits en AFN de 1952 à 1962 et à tous les combattants français impliqués, mais aux dizaines de milliers de victimes civiles françaises de toutes origines, dont la majorité ont été assassinées après le 19 mars 1962 , date que certains s’acharnent encore contre toute vérité historique et toute décence, à appeler le "’cessez le feu "’ en Algérie :

les 100 à 150 000 Harkis et leurs familles, abandonnés et massacrés souvent avec une sauvagerie inouïe, des dizaines de milliers de Pieds noirs de tous âges, abattus , égorgés, enlevés , torturés et éliminés, tous victimes d ’un terrorisme de masse , même au-delà de l ’indépendance en juillet 1962
.

Certaines tueries ont aussi été aussi le fait des "forces de l ’ordre " françaises, comme rue d’ Islyà Alger, le 26 mars 1962 , abattant brusquement au fusil mitrailleur des dizaines de manifestants pacifiques .

C’est toutes les victimes de ces tragédies et de ces horreurs que le ministre a décidé d’ honorer ce jour là en annonçant que tous leurs noms seraient inscrits sur les colonnes du Mémorial du quai Branly aux côtes des soldats morts pour la France et d’une manière symbolique d’abord pour les morts de la rue d Isly, qui ont été les victimes françaises d’une tuerie perpétrée ( hélas probablement organisée ) par les autorités et des forces de l’ ordre françaises : 

"en ce jour où la France commémore les victimes de la guerre d’Algérie nous nous souvenons de ce que fut leur tragédie. Nous savons qu’elle ne s’arrêta pas le jour du cessez-le-feu, mais qu’elle se poursuivit, avec combien de douleurs et, parfois, d’horreurs. Ils durent tout quitter : les paysages qui les avaient vus grandir, les maisons qu’ils avaient construites, tout ce qu’ils aimaient et dont ils seraient, désormais, privés. Ils ont droit au respect....
 
Nous avons décidé d’inscrire sur la colonne centrale du monument national du quai Branly le nom des civils français, victimes innocentes de la guerre d’Algérie.

 Ainsi, sur ce monument, la nation rendra hommage à ses soldats, comme aux Français morts rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962 et à tous nos compatriotes, victimes civiles de la guerre d’Algérie"

Il a eu le courage et honnêteté de saluer l ’œuvre de la France en Algérie à travers celle des Français d ’origine européenne installés, parfois depuis longtemps, sur cette terre algérienne :

"Mais nous n’oublions pas tous ces Français d’Algérie qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes : ils ont soigné, ils ont éduqué, ils ont cultivé la terre, ils ont construit et modelé l’Algérie contemporaine. C’étaient des braves gens !
Ils aimaient la France et ils aimaient cette terre algérienne à laquelle ils avaient, depuis des générations, tant donné : leur travail, leur joie et leur peine, leur vie toute entière. "

Il a affirmé que la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, qui verra très prochainement le jour 

"... recueillera la parole de tous ceux qui ont été impliqués dans cette période sombre de l’histoire. C’est un long travail qui s’ouvre dès aujourd’hui. Un travail pour honorer la mémoire de tous ceux qui ont souffert, un travail pour l’avenir. Parce qu’un peuple qui n’a pas de mémoire, un peuple qui ne regarde pas son passé avec le regard exigeant de la vérité, c’est un peuple qui se ment sur lui-même, sur ce qu’il est, c’est un peuple sans avenir. "

Flash Video - 6.5 Mo
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Il a promis solennellement que la France ne peut plus

" permettre que les harkis puissent être insultés, aujourd’hui, en 2009, dans notre pays, sans que les tribunaux ne puissent intervenir. Ils bénéficieront de la même protection face aux insultes que d’autres groupes sociaux. Eux aussi doivent pouvoir se défendre par le droit contre la haine, le racisme et le mépris, comme des faits récents l’ont montré. Les harkis, notre pays en est fier. Ils ont tout donné, ils ont tout quitté, parce qu’ils avaient fait le choix de notre pays. Et si l’on veut savoir aujourd’hui ce qu’est l’identité nationale, alors écoutons les harkis. Leur histoire nous dit : être français, c’est choisir la France et l’aimer par-dessus tout. "

ll a lancé un appel à la réconciliation des mémoires dans le respect et la vérité :

" Aujourd’hui, ce que nous voulons, c’est construire un avenir meilleur, de paix définitive, de compréhension et d’amitié entre les deux peuples. N’oublions pas ce que fut la guerre d’Algérie. Non pas pour raviver les plaies d’un passé douloureux, mais pour construire une mémoire réconciliée, une mémoire sereine, une mémoire apaisée. "

On ne peut que souhaiter qu ’il soit entendu des deux côtés de la Méditerranée . 
 
 
Gilles Bonnier
 

 


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Discours intégral

11 décembre 2009
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