Comité de liaison (CLAN-R)

Gilles Bonnier- Histoire de l’Algérie française (1830-1962). Quelques repères...

jeudi 4 mai 2023

Le Corps expéditionnaire français en Italie avec le général Juin (fin 1943/mai 1944) s’illustre dans des combats très difficiles.

Les effectifs mobilisés en Algérie s’élevèrent de 1943 à 1945 à 304 000 hommes, dont
134 000 « musulmans » et 170 000 Pieds Noirs (le taux de mobilisation pour les Pieds noirs était de 16 %)

- Le 15 aout 1944début du Débarquement de Provence (opération Dragoon ) commandée par le général américain Patch à la tête de la 7eme armée (avec 3 divisions US) mais avec 256 000 soldats français sous le commandement du général de Lattre de Tassigny ( à la tête de 2 divisions blindées , 5 divisions d’infanterie et des unités de réserve comme les Tabors marocains , les commandos d’Afrique, le bataillon de Choc, des unités de génie, médicales, qui formeront tous - la Première Armée Française - et s’illustreront au cours de l’épopée victorieuse de Libération jusqu‘ au franchissement du Rhin en mars 1945 et en Allemagne jusqu‘à la victoire des alliés en mai 1945) ; dans cette Armée de Lattre il y avait environ 95 000 Pieds Noirs / 100 000 Musulmans d’AFN dont une majorité venant d’Algérie.

- 1945 le 8 mai fin de la 2eme guerre mondiale en Europe : signature de la capitulation de l’Allemagne nazie à Berlin (le général de Lattre de Tassigny représente la France à la demande du général de Gaulle)

En 1954 on comptait alors en Algérie française 8,7 millions de Musulmans et environ 1million de Pieds Noirs dont environ 50 000 étrangers ; les données démographiques citées sont issues du livre de Xavier Yacono- (Histoire de l’Algérie de la fin de la régence turque à l’insurrection de 1954)

- 1954/1962 guerre d’Algérie

novembre 1954 : début de l’insurrection FLN, avec des actes de terrorisme qui ensanglanteront ces départements français jusqu‘en juillet 1962 (les européens en furent les victimes au premier chef, mais aussi les arabo- berbères refusant les exactions des insurgés du Fln)

- 13 mai 1958 mouvement de protestation à Alger ( civil et militaire ) pour défendre l’ Algérie française et dans la foulée arrivée au pouvoir du général de Gaulle en métropole , puis création de la 5ème république en septembre 1958 .

- De 1959 à 1962 Malgré les victoires militaires (l’ALN et le FLN sont pratiquement anéantis), le général de Gaulle imposera peu à peu un abandon de ces départements au profit d’une indépendance mal préparée et sans protéger, ni le million de Pieds noirs, Français d’Algérie installés souvent depuis plusieurs générations , ni les Harkis ( au sens large) et leurs familles qui furent fidèles à la France.

Date funeste du 18 mars 1962 avec les « accords d’Evian » (non respectés dès le lendemain par le FLN et après l’indépendance par l’Etat algérien)

Entre mars et l’indépendance de début juillet : vague de terrorisme FLN avec de nombreux enlèvements et assassinats d’européens, avec des ordres du pouvoir politique à Paris pour ne pas les protéger, voire pire.

A la date de l’indépendance, début juillet ce furent près d’un million de Pieds Noirs qui ont fui en quelques mois la terreur FLN pour un exode précipité en métropole en
abandonnant leurs activités, leurs biens, leurs morts et le territoire qu’ils aimaient et qu’ils contribuèrent à transformer et à développer en moins de 100 ans. A aucun moment le Chef de l’Etat de l’époque n’a exprimé sa compassion. Une indifférence totale voire une hostilité et un mépris.

L’accueil en métropole ne fut pas à la hauteur de la tragédie qu’ils avaient traversée.

En parallèle il y eu des massacres de masse des anciens supplétifs, désarmés et abandonnés, et de nombreux assassinats de civils arabo-berbères (élus, fonctionnaires.. ) qui s’étaient engagés au côté de la France ; on évalue maintenant le nombre de victimes de ces massacres à plusieurs dizaines de milliers, voire à plus de 100 000 même si les circonstances de ces assassinats rendent toute comptabilité macabre très difficile.

Près de 90 000 harkis et leurs familles, malgré les entraves officielles au départ, purent fuir vers la métropole, en partie grâce à l’aide de certains de leurs officiers, qui courageusement refusèrent d’obéir aux ordres donnés. Ces familles échappèrent à la mort ou la torture, mais ce fut un déracinement douloureux et une intégration souvent difficile.

Conclusion :

Fin de l’Algérie française :
- Une indépendance voulue par Paris, mais pourtant non préparée et mal négociée (un millier de soldats français périrent après la date du cessez-le-feu théorique)

- Un abandon des populations menacées (Pieds noirs et Harkis) de la part du pouvoir
politique français et avec les conséquences sanglantes que l’on connait.

- Un déclanchement de haine et une épuration « ethnique anti française » (massacre
des Harkis, recrudescence des enlèvements et assassinats de Pieds noirs et la tuerie
de masse le 5 juillet à Oran) qui auront marqué la naissance de ce nouvel Etat.

Des plaies qui ne se sont pas refermées 60 ans après.

Gilles Bonnier en mai 2023 (gillesbonnier@wanadoo.fr)

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