Comité de liaison (CLAN-R)

ELISABETH CAZENAVE : La Villa Abd-El-Tif

samedi 6 mars 2010

Le coup d’ envoi d’ une propagande artistique est donné en 1906 par l’ Exposition coloniale, des bourses de voyages sont instituées par le ministère des Colonies. L’ idée d’acclimater l’ art sur place, d’ enraciner son enseignement s’ impose en Algérie. Le pays se structure et la vie artistique s’ organise, un nombre non négligeable d’ artistes viennent le visiter, le voyage en Algérie s’ est substitué au voyage en Italie. Les artistes vont devoir s’ adapter à ce pays, confronter leur talent avec la réalité des paysages et des hommes .

La villa Abd-el-Tif, institution à part entière naît en 1907,elle va jouer un rôle déterminant dans la vie artistique de l’ Algérie.Léonce Bénédite, conservateur du musée du Luxembourg, et Charles Jonnart, gouverneur général de l’ Algérie, président désormais aux destinées artistiques du pays. La bourse d’ étude pour la villa Abd-el-Tif est décernée après un concours auquel l’ artiste se porte candidat, comme pour les prix de Rome, et non à titre de récompense à l’’instar des bourses de voyage et prix du Salon. À un orientalisme de voyageur succède une peinture de résident.

Le lieu de résidence des artistes est une villa mauresque enfoncée dans une magnifique verdure, à quelques minutes du jardin d’Essai d’ Alger qui est pour l’ Algérie un « parc national ». En 1907, Charles Jonnart a l’ idée d’offrir aux artistes métropolitains cette belle résidence. On la surnomme volontiers « la villa Médicis algérienne ». Il n’y a cependant pas une grande analogie entre la fondation romaine, vieille de presque trois siècles et celle d’ Alger, à peine sortie de l’ adolescence.

La villa Médicis comprend toute une organisation administrative, et elle reste fidèle à sa tradition. À la villa Abd-el-Tif il n’y aucune direction et, c’ est ce qui en fait l’ originalité ; les pensionnaires sont leurs maîtres et ne sont soumis à aucune discipline. Se trouvant brusquement devant une nature entièrement nouvelle, devant des types physiques dont ils ne soupçonnaient pas l’ étrange beauté, ils ne se sentent prisonniers d’ aucune formule, ni d’ aucune technique.

Les pensionnaires sont choisis avec le plus grand éclectisme dans les Salons officiels . Ils obtiennent une bourse d’ une durée de deux ans. Plusieurs anciens pensionnaires de la villa Abd-el-Tif s’installent définitivement à Alger : Léon Cauvy, Ludovic Pineau, Marius de Buzon, Léon Carré, Maurice Bouviolle, Jean Désiré Bascoulès, Georges Halbout du Taney, Camille Leroy. Les autres y reviennent à plusieurs occasions.

Texte intéral en PDF, page 2

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