Comité de liaison (CLAN-R)

EDITORIAL DE JANVIER 2009

mardi 13 janvier 2009

MÉMOIRE

Les Rapatriés d’Outre-Mer ressentent, en ce moment, comme un déni de leur mémoire.

Ceci est représentatif d’une situation générale en France qui voit des identités mémorielles s’affirmer et s’opposer.

Pourtant qu’y a-t-il de plus respectable que la Mémoire qui est la trace de l’expérience de chacun et souvent, en tout cas, pour beaucoup d’entre nous, d’une expérience souffrante.

La Mémoire est individuelle, subjective, affective, souvent mythifiée, mais elle est consubstantielle de l’homme et, s’il la nie ou si on la lui nie, il se dissout avec elle ou alors il consacre toute son énergie à la retrouver et à la défendre, désespérément.

Les Rapatriés ne sont pas des historiens, ou si peu. Ils ne regardent pas le passé avec la distance critique, méthodique et objective de ceux qui écrivent l’Histoire.

Ils sont des hommes et des femmes, français depuis leur naissance, et blessés parce que français.

Le grand problème vient de ce que les mémoires, comme les individus, s’affrontent. Et s’il y a une Histoire de France – qu’il appartient aux historiens, aux vrais historiens, d’écrire et de commenter (bien sûr avec l’aide des témoins lorsque cela est possible), il y a des millions de mémoires individuelles et une multiplicité de mémoires collectives.

L’Etat, les pouvoirs publics, ont des devoirs dans la gestion de la symbolique de la Mémoire, notamment celui de protéger les lieux de mémoire des citoyens, lieux individuels ou collectifs.

N’oublions pas que l’on définit la civilisation – la notion de civilisation – par sa capacité à honorer ses morts, ce qui la distingue de l’animalité et de la barbarie.

Car la mort a le pouvoir d’amnistier, de même qu’en droit canon l’excommunication tombe avec le décès.

Et ayons conscience que la profanation d’une sépulture, d’un monument aux Morts, d’un Mémorial ou d’une stèle – qui ont toujours un caractère sacré – a pour conséquence de réveiller dangereusement les fantômes.

Nous le savons, il ne faut pas réveiller les morts !

Ayons donc la sagesse, nous tous, Rapatriés et pouvoirs publics, de conjuguer les intelligences et les coeurs et d’oeuvrer ensemble pour la dignité et pour la paix civile.

Denis Fadda


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