Comité de liaison (CLAN-R)

30 Aout 2015- Journée Mondiales des Personnes Disparues à Toulon- Les textes

lundi 31 août 2015


Pour cette édition 2015 de la Journée Mondiale des Disparus, que le CLAN-R avec le Collectif "Non au 19 Mars", organise depuis 2013 à Toulon, nous avons noté une grande mobilisation dans le sud, mais aussi ailleurs, comme Vitrolles et Amiens, pour dénoncer ce scandale d’Etat qu’est l’abandon de nos otages en Algérie. La circonstance aggravante, est que non seulement ces centaines de Français d’Algérie ont été abandonnés à un sort indigne et dégradant, mais qu’en plus, l’Etat Français n’a strictement RIEN fait pour arracher les victimes à leurs bourreaux...Nous ne pouvons que montrer du doigt, ces Français qui fêtent en même temps que l’Algérie, cette date du 19 mars qui leur convient si bien, et qui correspond à leur vision d’une paix illusoire et virtuelle, mais qui masque le calvaire de ces populations, mitraillées le 26 mars ou égorgées et enlevées le 5 juillet. Pour cette dernière population, nous exigeons le premier droit de l’homme qui est LA LIBERTE.

Voici les textes lus à Toulon :

Texte du CLAN-R lu par Gilles Bonnier, Secrétaire Général :

Journée Mondiale des Personnes Disparues

Devant la communauté internationale nous dénonçons le silence de l’Etat français

Le 21 décembre 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution, la résolution 65/209, par laquelle a été instaurée la « Journée internationale des victimes de disparition forcée » ; journée fixée au 30 août de chaque année et que tous les Etats parties à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées doivent célébrer.

La Convention, adoptée en décembre 2006, est entrée en vigueur en décembre 2010. Elle stipule notamment, que « toute victime a le droit de savoir la vérité sur les circonstances de la disparition forcée, le déroulement et les résultats de l’enquête et le sort de la personne disparue. Tout Etat partie prend les mesures appropriées à cet égard » ; la Convention prévoit aussi que « tout Etat partie prend toutes les mesures appropriées pour la recherche, la localisation et la libération des personnes disparues et, en cas de décès, pour la localisation, le respect et la restitution de leurs restes ».

En ignorant cette convention qu’elle a pourtant ratifiée en septembre 2008, la France faillit à ses obligations ; pire, devant l’opinion elle fait comme si jamais aucun Français n’avait disparu en Algérie entre 1954 et 1963, elle fait comme si rien ne s’était jamais passé sur ce territoire placé alors sous sa souveraineté.

Aujourd’hui nous sommes ici comme en cachette car il n’est pas bon de rappeler cette honteuse attitude de l’Etat.

Oui, nous sommes ici pour faire cesser ce silence

Je tiens à vous remercier d’être venus nombreux, en cette Journée Mondiale des Personnes Disparues pour dénoncer, pour exprimer votre refus d’oublier, votre refus d’abandonner les vôtres, celles et ceux de vos familles dont vous ne savez plus rien, vos amis, vos camarades, vos compatriotes, restés après vous. Ils méritent une action énergique de la part des autorités des deux pays.

A l’instar de ce qui a été fait ailleurs, nous réclamons une commission mixte « Vérité et réconciliation » qui travaillerait dans la sérénité et la rigueur et, au plan national, une commission officielle des Disparus constituée de celles et ceux qui connaissent vraiment les dossiers tant des militaires que des civils, le sort des uns et des autres ne pouvant être dissocié. Tous méritent la même compassion.

En 1987, à l’Assemblée nationale, Jean-Bernard Raymond, alors Ministre des Affaires étrangères, voulant faire cesser l’évocation des disparus, des personnes enlevées, des possibles survivants, avait parlé de « Folle rumeur », et conclu, non sans une horrible désinvolture, qu’ils étaient probablement tous morts.

Ne soyons pas naïfs, peut-être le sont-ils, mais, comme le prévoient les dispositions de la convention internationale précitée, nous avons « le droit de savoir la vérité sur les circonstances de la disparition forcée, le déroulement et les résultats de l’enquête et le sort de la personne disparue ».

L’Etat doit tout faire pour ces familles depuis si longtemps dans l’attente. C’est une question d’humanité, une humanité que pratiquent bien des pays. L’Etat doit aussi agir pour l’Histoire.

Il y va de l’honneur de la France

Nous le crions aujourd’hui, devant ces drapeaux de cette France que nous aimons, nous ne cesserons pas de dénoncer ce silence odieux.

Nous savons bien qu’il y à un risque que des statues tombent de leur piédestal, mais reconnaître les erreurs commises par l’Etat, rendrait notre pays plus grand et le mettrait plus en accord avec son Histoire.

Nous en sommes convaincus

CLAN-R

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Allocution du CLAN-R

Lettre de Pierre Dimech lu par Hervé Cuesta, Président du collectif "Non au 19 Mars" :

Cher Hervé, Chers Amis,

Contrairement à ce que j’avais espéré, je ne pourrai pas être physiquement des vôtres en cette cérémonie de la Fidélité.

Mais, c’est l’Esprit qui compte, qui nous relie à ceux dont nous avons perdu la trace visible depuis plus d’un demi-siècle.

Nous commémorons nos « Disparus », mais ce terme n’est-il pas en lui-même insuffisant pour rendre compte de l’horreur de la situation ?

Ce sont des frères, des sœurs, des pères, des mères, des jeunes gens et jeunes filles, des « anciens » de nos villes et villages, parents ou amis, tous des nôtres, qui, un jour maudit, nous ont été enlevés brutalement par kidnapping, arrestations arbitraires, actes de barbarie, et n’ont plus jamais réapparu, laissant à nos cœurs blessés, à nos imaginations épouvantées et à notre impuissante colère le soin terrible de deviner ce que dut être leur sort atroce.

Nous réclamons Justice à nous époumoner, mais les tribunaux des hommes sont, ou bien impuissants, ou bien aveugles et sourds.
Mais, tant qu’il restera un seul des nôtres debout, il faudra continuer à donner de la voix.
Et il y a le Juge suprême, qu’il faut bien prendre garde de ne pas le ramener à une sorte de degré supérieur d’une juridiction humaine, en l’interpellant comme si nous étions d’égal à égal.

Que nous révèle le Chant prophétique de l’Apocalypse de St-Jean ?
On lit dans son chapitre 20, § 4 :

« Je vis aussi les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu… Et ils reprirent vie et ils régnèrent avec le Christ pendant mille ans… »

Cela, avant de nouvelles tribulations, ultime épreuve douloureuse, à cause des « nations égarées ( par SATAN et la BÊTE ) qui montèrent sur l’étendue de la terre et investirent le CAMP DES SAINTS » …Passage du texte sacré qui, il y a 43 ans, inspira lumineusement le grand Jean Raspail.

Mais, après cela, le Jugement Dernier réglera définitivement la question.

Alors, chacun à notre manière, avec nos mots à nous, avec surtout notre cœur, prions pour ceux qui ont été arrachés avec barbarie à nos yeux et à notre amour.
Et, prions-les, pour qu’à leur tour ils prient pour nous ici-bas, et pour que nous les retrouvions le moment venu dans les Béatitudes éternelles.

PIERRE DIMECH

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Courrier Pierre Dimech

Courrier de Jean-Pierre Pister lu par Michèle Soler, présidente du Cercle Algérianiste de Nice

Jean-Pierre PISTER fait partie du groupe de 12 personnes qui, sous l’impulsion de Jean-Pierre LLEDO ont pétitionné le 30 août 2013 sur Internet, pour réclamer l’ouverture d’une commission d’enquête sur le massacre occulté, du 5 juillet 1962 à Oran.
Jean-Pierre PISTER, du cercle algérianiste de Reims, Professeur d’histoire.

Il n’est pas PN mais seulement un modeste « METRO » afin qu’on comprenne bien que tous les métropolitains n’ont pas été des salauds à l’égard de leurs compatriotes d’Algérie.

11000 signatures ont été comptabilisées et déposées en septembre 2014. Le dossier est en cours d’examination, mais c’est très long.

Début août, suivant les conseils de Monseigneur Jean-Yves MOLINAS, Jean-Pierre PISTER a envoyé une copie de sa lettre à sa Sainteté le Pape François, par 130 courriels ou lettres postales, y compris aux représentants des Églises orientales.

Nous le remercions vivement pour son dévouement.

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Je laisse la parole à Monseigneur Jean-Yves MOLINAS, qui nous a donné de précieux conseils.

Tout d’abord, Monseigneur MOLINAS, s’excuse de ne pas pouvoir venir aujourd’hui, comme en 2013 :

Pour la journée des disparus, je suis désolé mais j’étais retenu déjà depuis quasiment un an pour la messe en l’honneur de Saint Augustin, à Hyères, à Notre Dame de Consolation. Quoiqu’il en soit, je ne manquerai pas de faire allusion à nos disparus à cette occasion.

Bien cordialement à vous.

Mgr Jean-Yves Molinas

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Le travail accompli par Monsieur Pister est considérable. Les réponses obtenues de certains évêques en sont une belle preuve. Évidemment tous, loin s’en faut, n’ont pas répondu. Mais tous auront reçu ce courrier. Il nous faut attendre maintenant la réponse du Pape François.

Bonne réussite de votre action dimanche au monument aux morts de l’Algérie Française. Je serai en communion avec vous depuis Notre Dame de Consolation.
Bien cordialement.

Mgr Jean-Yves Molinas

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J’espère que tous ces éléments seront utiles à Hervé, demain. Je regrette vivement de rester à Metz demain. Nous sommes souvent dans le Var à ce moment de l’année mais ce fut impossible, cette fois-ci. Nous serons, naturellement, en communion de pensée avec Mgr Molinas au moment de sa Messe avec les Bônois ; et avec tous nos amis algerianistes lorsque se déroulera la cérémonie à la Place d’Italie.

Signé
Jean-Pierre Pister

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